Salim Zerrouki, auteur‑illustrateur né à Alger en 1978, a entamé des études aux Beaux‑Arts d’Alger, où il se forme au design graphique. Après quelques années, il quitte l’école et travaille pendant une décennie dans la publicité, en tant que directeur artistique pour de grandes agences.
Le déclic survient après la révolution tunisienne, alors que les islamistes prennent le pouvoir, un contexte qui fait écho à son enfance en Algérie. Pour alerter les Tunisiens sur les dangers de l’islamisation de la société, il crée anonymement son premier blog de caricatures, « Yahia Boulahia », mettant en scène un personnage salafiste distribuant des fatwas à tout‑va, toujours en lien avec l’actualité.
Cette immersion dans le dessin et le commentaire social le pousse à se consacrer pleinement au dessin, puis à la bande dessinée. Si son style provocateur et dérangeant marque encore ses premières œuvres, son travail actuel, moins porter sur l’humour et plus introspectif, reste profondément engagé, et il hésite encore à se définir : toujours sans filtre, ou un peu plus tempéré ?
© Rita Scaglia
